
Dans le cadre d’un atelier proposé par la rédaction de Viva lors de la Fête de l’Humanité, des festivaliers ont interrogé Rémi, membre du collectif Planète Boum Boum, sur son engagement. Une heure d’échanges pour comprendre le rôle des médias et la force du militantisme.
« Mettre de la manif dans les teufs et de la teuf dans les manifs. » Membre du collectif Planète Boum Boum, Rémi est venu en parler sur le stand des Mutuelles de France, à l’Escale, lors de la deuxième journée de la Fête de l’Humanité. A l’invitation de Viva, il a répondu aux questions d’une dizaine de festivaliers, dans le cadre d’un atelier d’éducation populaire aux médias. Pendant une heure, les participants se sont glissés dans la peau de journalistes. Aucun d’eux ne connaissait le collectif avant la rencontre. Pourtant, les questions fusaient, les bras se levaient. Dans un cercle informel, l’échange était décontracté, presque intimiste au milieu du brouhaha de la fête.
Liberté menacée
Pour ouvrir l’atelier, Delphine Delarue, rédactrice en chef du magazine, en rappelle la ligne éditoriale. « Viva est un magazine spécialisé en santé, prévention et protection sociale et qui contribue à la promotion des valeurs de solidarité, d’humanisme et de progrès social qui sont défendues par le mouvement mutualiste. Nous sommes une rédaction de journalistes indépendants. Or, nous savons que depuis plusieurs années déjà, la liberté de la presse est menacée par la concentration de plusieurs titres et médias entre les mains d’une poignée de grandes fortunes et groupes industriels. »
80 % des médias appartiennent à des milliardaires
En 2025, rappelle-t-elle, neuf milliardaires détiennent environ 80 % des médias nationaux imprimés comme audiovisuels. « Notre objectif est notamment de mettre en avant des personnalités issues du mouvement social, engagées dans la santé ou l’environnement. Pour donner envie à nos lecteurs de s’engager eux-aussi pour davantage de justice sociale. »

Le vrai rôle des journalistes
C’est justement pour cette raison que le membre du collectif Planète Boum Boum souhaitait participer à cet atelier. « Les médias influencent considérablement l’opinion publique. Or aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux a être concentrés entre les mains de milliardaires, qui se droitisent. La démarche de mettre les gens dans la peau de journalistes me paraît donc très intéressante. Cela permet de rappeler ce qu’est le métier de journaliste. A l’heure où beaucoup de personnes ont la parole sur des plateaux télé sans faire le travail comparer les points de vue, et de chercher des sources sûres… En restant plutôt du côté de la chronique ou de l’opinion. Donc c’était intéressant de rappeler et d’apprendre à des personnes ce qu’est le travail de journaliste. D’aller chercher le fond de l’information. »
Collapsologie
Pendant une heure, Rémi a raconté son engagement. De quelle manière il est devenu militant, notamment grâce à une famille « avec pas mal d’engagements sociaux ». Il explique avoir toujours été impliqué, dès le lycée, dans des associations. Mais son véritable « virage militant » date de 2019, au moment où il prend conscience des enjeux liés à l’effondrement écologique, entre « collapsologie, démission de Nicolas Hulot et mobilisations citoyennes ». C’est aussi l’année où il rejoint Alternatiba à Paris, devenu aujourd’hui Action Justice Climat, un mouvement dans lequel il s’investit fortement. Depuis, son engagement rythme sa vie : il travaille dans des associations écologistes et milite en parallèle dans diverses structures. Aujourd’hui, il fait de Planète Boum Boum et de la musique son métier, toujours porté par cette dimension politique et engagée.
Reprendre des forces
La discussion aurait pu se poursuivre encore longtemps. Les participants étaient tous pleinement investis dans leur mission journalistique. « C’était un super moment d’échange. Ces personnes découvraient complètement notre démarche, avec beaucoup de curiosité. » Rémi confiait également que ce genre de moment permet de « reprendre des forces, de se retrouver, de se rappeler qu’il existe beaucoup de gens motivés, et de se préparer à poursuivre la lutte politique ».

























