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Une étude nationale confirme la surexposition des riverains de vignes aux pesticides

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Pour la première fois, une étude nationale documente l’exposition réelle des riverains de zones viticoles aux pesticides. © 123RF

Dévoilée le 15 septembre, l’étude nationale PestiRiv met en évidence une contamination plus forte aux produits chimiques des personnes vivant à proximité des zones viticoles que de celles éloignées des cultures. Santé Publique France et l’Anses, à l’origine de l’enquête, appellent à des mesures en conséquence.

Les conclusions sont sans appel. Pour la première fois, une étude nationale documente l’exposition réelle des riverains de zones viticoles aux pesticides. « Les résultats de l’étude montrent que les riverains des zones viticoles sont plus exposés (…) que les personnes éloignées de toute culture. Ces expositions sont par ailleurs plus importantes en période de traitement. » Tel est le constat principal de l’étude PestiRiv. Dévoilée le 15 septembre 2025, elle a été conduite par Santé publique France et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

Les enfants exposés

Cette surexposition aux pesticides près des vignes touche « à la fois les adultes et les enfants ». Et elle dépend principalement « des quantités de produits utilisés et de la proximité des habitations ». De par les multiples biais utilisés (urines, cheveux, poussières, air ambiant et intérieur), les résultats de cette étude sont jugés particulièrement robustes. Cinquante-six substances ont ainsi été recherchées. Et des informations précises sur le logement et les habitudes de vie des participants ont également pu être collectées. 

265 zones étudiées

Selon les deux agences, « les résultats de PestiRiv permettent ainsi de disposer pour la première fois à une telle échelle d’une description détaillée de la contamination de l’environnement ». Ainsi que de l’imprégnation des riverains de zones viticoles. Lancée en 2021 et 2022, PestiRiv a porté sur 265 zones viticoles et non viticoles.

Recommandations

Cette exposition renforcée aux produits chimiques s’explique par « le transfert vers l’environnement des substances appliquées sur les vignes ». Il peut s’agir de molécules très spécifiques aux vignes comme le folpel ou le métirame. Mais également de pesticides plus largement répandus comme le glyphosate, le fosétyl-aluminium ou la spiroxamine. Face à ce constat, l’Anses et Santé publique France estiment qu’il faut agir directement sur la source. « Pour limiter les expositions des riverains des cultures, les deux agences incitent à intervenir sur la source même des contaminations. Elles recommandent donc de réduire les traitements au strict nécessaire et de minimiser leur dispersion. »

Cancers pédiatriques

L’association Générations Futures, qui avait saisi la justice pour obtenir la publication de cette étude, se félicite de la mise à disposition de ces données. Elle rappelle que PestiRiv est née après un signalement par l’association « Alerte des médecins sur les pesticides » (AMLP). A la suite d’une suspicion d’agrégat de cancers pédiatriques dans la commune de Preignac (Gironde). Le porte-parole de Générations Futures, François Veillerette, souligne dans un communiqué que « les résultats de PestiRiv confirment officiellement ce que l’association montre depuis des années à travers ses travaux. Les riverains des zones cultivées (et sans doute pas seulement des vignes) sont plus exposés aux pesticides que le reste de la population. Et ce d’autant plus qu’ils résident près des cultures ».

Informer les riverains

François Veillerette appelle désormais à ce que ce constat « indiscutable » ne reste pas lettre morte, mais conduise à un plan national de protection des riverains. Incluant l’obligation d’informer systématiquement les habitants 48 heures avant tout épandage et le retrait rapide des substances suspectées d’être CMR ou neurotoxiques.